Juliette Coulloudon : portrait d’une DA web en quête de renouvellement permanent

Portée par une famille de créatifs, Juliette Coulloudon_ suit elle aussi une carrière artistique. Spécialisée dans le webdesign et l’UX, elle partage sa vision du design et ses inspirations quotidiennes. Rencontre._

Ton portfolio respire le web ! Raconte-nous ton parcours : comment et pourquoi es-tu devenue DA web ?

C’est venu assez naturellement après d’autres essais (étonnamment) non concluants en droit et psycho. J’ai fini par me ranger et suivre le chemin familial avec une mère directrice technique et un père gérant d’une agence digitale ; je ne pouvais pas y échapper !

J’ai donc commencé une formation dans une école privée à Paris que je n’ai pas terminée, ayant accepté mon 1er CDI en tant qu’exécutante dans une agence web en cours de route. J’assistais des graphistes sous l’œil rigoureux d’un excellent directeur de création et cela a été la meilleure formation possible ! J’ai rapidement évolué au sein de cette agence pour terminer directrice artistique en binôme avec un autre DA, et nous formions et encadrions nous-mêmes les nouveaux arrivants.

Quel est le challenge principal dans ton métier ?

Comme j’ai toujours travaillé en agence, le challenge principal est de se renouveler La spécialité de ma première boîte était les sites de e-commerce dans le prêt-à-porter. Je me souviens qu’à l’époque, Zara venait de sortir son nouvel e-shop : tous nos clients l’utilisaient pour leur brief. On peut donc vite se retrouver à faire la même chose si on se laisse aller. L’agence suivante était spécialisée dans l’édition, celle d’aujourd’hui dans le secteur food ; on y retrouve toujours ce même challenge de repartir de zéro alors que les briefs peuvent être très similaires.

Est-ce qu’il y a une recommandation que tu donnes toujours aux clients ?

Rajouter de l’humain. C’est valable sur tous les projets, la cible, quelle qu’elle soit, est une personne qui est régie par les mêmes émotions que tout le monde. Cela peut passer par de la personnalisation grâce à la data ou par le design ; sonore ou visuel. De plus, les émotions nous permettent de mieux mémoriser l’expérience, donc de faire revenir l’utilisateur plus facilement.

Comment, selon toi, la relation entre le design et l’expérience utilisateur doit être appréhendée par les marques ou les agences ?

Les marques et agences devraient davantage s’intéresser à l’expérience utilisateur et lui attribuer plus de budget. On crée un site pour l’utilisateur, lui offrir une expérience riche et belle est le minimum ! De nos jours un site mal pensé avec, par exemple, des boutons mal placés ou une étape de trop dans le processus de paiement peut vite dissuader un utilisateur qui a désormais l’habitude d’avoir tout, tout de suite. Afin d’éviter la casse, il faut prendre les devants et proposer à l’utilisateur ce dont il avait besoin avant même qu’il le sache lui-même. Les études, questionnaires et recherches sont indispensables pour rendre un site intuitif, responsive et ergonomique, et si jamais quelques erreurs subsistent, les phases de test permettent de corriger le tir. Toutes ces étapes sont désormais vraiment indispensables.

Comment travailles-tu en collaboration avec les équipes ? Qu’apporte Creative Cloud dans votre workflow ?

Pour les gros projets, je créé les pages importantes (home + page rayon + fiche produit pour un e-commerce) afin qu’un graphiste puisse décliner chaque page. Quand les projets sont plus petits, il me suffit de créer un style guide avec la home pour que ça parte directement en développement. L’accès partagé à nos bibliothèques et nos typos avec les graphistes, les developpeurs et les intégrateurs facilite la cohérence et la poursuite du projet. Les éléments ne sont pas dupliqués de toute part : en cas de retours une modification suffit et tout le monde y a accès, cela limite les erreurs de fichiers.

Quel est le projet DA web dont tu es le plus fier ? Peux-tu nous en parler ?

Je vais parler du concept de redesign Greenpeace car c’est celui qui a eu le plus de succès ! En fait, tout est parti d’un concours avec un collègue pendant un mois d’août assez vide à l’agence. On a décidé de se faire plaisir sur un projet fictif et de voir lequel de nous 2 obtiendrait le plus de likes (spoiler alert : j’ai gagné). Pour me mener à la victoire, j’ai donc choisi de partir sur une association connue, histoire d’attendrir les visiteurs. Après, j’ai décidé d’utiliser tout ce qui marchait à l’époque en termes de design avec les couleurs sombres désaturées, le grain, les jeux de typo qui passent au second plan, les couleurs et effets néon, etc… quitte à sortir complètement du sujet Greenpeace et des questions ergo. Je voulais, pour une fois, faire un one shot, faire juste « du beau ». Et ça m’a plu ! D’ailleurs ça a aussi plu au directeur de création de Greenpeace France qui m’a écrit par la suite pour collaborer.

C’était la première fois que je testais Adobe XD, même s’il n’y en avait pas réellement besoin car je n’avais prévu de faire qu’une ou deux pages. J’ai toujours utilisé Axure avant et je dois bien avouer que de passer de l’un à l’autre, c’est comme passer d’une bonne grosse vieille ville polluée à l’air pur et la simplicité de la montagne. La création de wireframes devient presque agréable pour moi qui préfère le design de base. Tout est plus pratique grâce à des outils plus simples à utiliser. Je continue de beaucoup créer sur Photoshop – à l’ancienne – mais l’avant et l’après (pour les interactions) se font sur XD. Cela m’a permis de supprimer deux applications : Axure et InVision.

Où cherches-tu ton inspiration ? Quels sont les artistes / créatifs / agences que tu suis ? As-tu des lectures de référence ?

Il y a pas mal de freelances, studios agences que je suis de près, étant une fan de leur travail. Si je devais donner une petite sélection rapide, ce serait : Immersive Garden, Purée Maison, Viens-là, Martin Silvestre, le studio Dot… Tous spécialisés dans le digital, tout ce que j’aime J Pour mon inspiration en général, je regarde beaucoup ce qu’il se fait sur Behance – les pays de l’Est ont du niveau ! Et pour absorber toujours plus de savoir, je traine sur des forums dédiés et lis des articles sur Newflux ou Medium ou encore sur le blog d’InVision.

Parle-nous de tes autres projets, personnels peut-être ? Nous avons notamment identifié un projet – NSFW – d’illustrations !

Alors à côté je travaille sur la conception d’un eshop (encore !) où je pourrai vendre mes illustrations ! Il va s’appeler zgeg-frites et, comme on peut le comprendre dans le titre à consonances très phalliques, abordera la nudité masculine sous toutes les coutures. C’est encore en cours de production, mais la plupart des illustrations sont déjà visibles sur mon Behance 🙂

***

Et pour découvrir les autres projets créatifs de Juliette, rendez-vous sur ses réseaux :